Ce mercredi 21 octobre, les étudiants de l’IUT et de l’ENSSAT ont voulu « frapper fort » en bloquant l’ensemble des accès au siège de LTC. Reçus dans la matinée par son Président, Gervais Egault, « ils ont exprimé leurs revendications locales en premier lieu, tout en relayant les revendications nationales » a expliqué l’élu dans une interview accordée à Ouest France et TTU.

Trois revendications principales étaient portées par la délégation mixte des étudiants : une information claire sur le projet de campus unique, la fin « des quotas de la restauration universitaire » et l’ouverture de cette restauration le soir au niveau de l’IUT, l’ENSSAT disposant d’une convention avec le lycée Bossuet.
Je pense qu’on a apporté quelques réponses et clarifications qui étaient nécessaires sur les principaux sujets qu’on a pu aborder.
Le Président de la Communauté d’Agglomération a donc répondu à ces trois points. Sur la question du campus unique, la communication avec les étudiants est très restreinte car le projet « est dans un état embryonnaire » et fait l’objet « d’études financières, de faisabilité et d’opportunités ». Il a donc promis « d’associer les étudiants, les enseignants, les chercheurs de l’ENSSAT, et de l’IUT ». Concernant la problématique du nombre de repas distribués par le Crous (jauge de 180 repas pour 480 étudiants à l’ENSSAT sans compter les étudiants ponctuels de l’IFSI), Gervais Egault a expliqué avoir « appris cette information par la presse cette semaine » et aurait souhaité « être alerté plus tôt ».
Les étudiants, en sortant de leur rendez-vous ont salué la démarche nouvelle de l’agglomération : « Il faut que l’on (NDLR : LTC) communique plus avec eux (NDLR : les étudiants) et que l’on essaye de les soutenir. On crée un lien […] pour qu’il y ait des remontées d’informations plus rapides, et puis même nous, si on a des infos à redescendre, si on a des réponses, qu’elles soient positives ou négatives ». Une réunion est d’ores et déjà programmée avec les représentants étudiants le 4 janvier 2027 afin de faire un point d’étape après consultation des différentes parties.
Il a également promis aux étudiants d’alerter les autorités compétentes, chose faite en soirée. Les représentants des étudiants ont ainsi reçu une copie de la lettre adressée au Directeur général du Crous Bretagne, à la Présidente du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires) et à Philippe Baptiste, Ministre chargé de l’Enseignement Supérieur et de la recherche. Une lettre au ton scandalisé et reprenant les éléments rapportés par l’échange avec les étudiants.

Une rencontre avec la Sous-Préfète

A 15h, deux étudiants de l’IUT, deux de l’ENSSAT et un enseignant de chaque établissement ont été reçus par la Sous-Préfète de Lannion, Isabelle Rioux. Si l’échange a duré 1h15, la délégation s’est dite « déçue » du « manque de réponses » et d’une « sous-préfecture qui n’a pas tous les pouvoirs ». Isabelle Rioux « doit faire remonter les demandes au Préfet des Côtes d’Armor et au Préfet de région ». Les étudiants, afin de trouver une réponse à moyen ou cours terme ont également annoncé vouloir se rapprocher de la municipalité. Ils « espèrent un changement prochainement ».

Le blocus de l’ENSSAT levé
A 17h15, les étudiants mobilisés de l’ENSSAT ont organisé une nouvelle Assemblée Générale afin de faire un point sur les rencontres de la journée. Ils saluent « une avancée » et des « intentions » et espèrent que ces dernières soient « suivies d’action ». Les débats sur une reconduction du blocus se sont donc limités au soutien au mouvement lycéen. La réponse de LTC jugée « constructive » a permis de faciliter la décision de débloquer l’établissement (10 pour la reconduction du blocus, 21 contre, 20 abstentions). L’assemblée générale s’est terminée sous les applaudissements.
A noter que ce n’est que le deuxième mouvement étudiant de l’histoire de l’ENSSAT qui l’a amenée à être bloquée, le premier portant sur la fermeture potentielle du restaurant universitaire du centre-ville de Lannion « Trégor » et la réforme des retraites en 2023.
Du côté de l'IUT, une situation plus compliquée
Comme à leur habitude, les étudiants de l’IUT se sont réunis pour l’Assemblée Générale de 18h. Les prises de parole habituelles se sont succédées. D’autres personnes se sont exprimées, notamment contre le blocus de l’IUT le lendemain. Le vote en a néanmoins décidé autrement : 73 pour, 56 abstentions, 26 contre et une vingtaine de non-votants.
Bien que le blocus ayant été annoncé comme reconduit, les étudiants pour et contre cet allongement de la manifestation ont longuement discuté et partagé leurs avis respectifs. Ils ont pu échanger également avec la direction. Des discussions jugées « plus constructives qu’en AG » et « nécessaires à la démocratie » étudiante. L’issue de ces consultations a amené les coordinateurs du vote à proposer une alternative plus « représentative », une majorité de personne n’ayant pas voté pour le blocus : la tenue d’une nouvelle Assemblée Générale ce jeudi matin à 7h55 avant les cours. La direction de l’IUT a donc envoyé un mail dans la soirée à l’ensemble des étudiants et personnels les invitant à se présenter demain à l’ouverture et prendre la parole.
Un nouveau vote devrait être organisé à l’issue des prises de parole afin de décider de l’arrêt ou non du blocus pour la journée, auquel cas, les cours pourraient reprendre dès 9h. La mise à disposition d’un amphithéâtre a également été demandée à la direction afin, si possible de discuter des avis de chacun, des suites du mouvement et des différentes formes de mobilisation dans l’après-midi. Aucune réponse n’a été donnée à ce sujet pour le moment.